Technique Photo

On pourrait publier 12 tomes de 500 pages sur le sujet de la photographie et on en aurait encore oublié la moitié.

Nous allons donc parler de ce que je connais le mieux… La photo aéronautique !

Dans ce domaine, il y a deux approches…
Le « spotting » et la « photographie aéronautique » !

Je fais la distinction car j’estime que ce sont deux choses différentes.

Le « Spotting » consiste à capturer une image d’un aéronef, la plupart du temps en se contentant d’une vue de profil avec l’immatriculation bien visible, la qualité de l’image ou l’arrière-plan n’étant pas si importants tant qu’on agrandit notre collection.

Il y a d’ailleurs encore de vrais « Spotters » qui regardent passer les avions sans prendre de photo et qui notent soigneusement les immatriculations, modèle et compagnie de l’avion, dans leur petit calepin !

Bien sûr, je fais aussi du « Spotting », mais seulement si je n’ai pas d’autre choix… En principe je préfère rechercher des angles différents, faire des gros plans, des vues « face-à-face » et aussi de jouer avec la lumière !

C’est là qu’on entre dans le domaine de la « Photographie aéronautique » !
Il s’agit de la quête éternelle de la photo parfaite qui donne un autre regard sur l’aviation, montre des détails, des angles particuliers… Et la lumière… C’est elle qui me motive le plus souvent pour aller arpenter les bords de piste !

Je préfère de loin une photo d’un avion courant avec une magnifique lumière, capturé sous un angle intéressant, qu’une rareté qui atterrit de profil dans un ciel gris ou sous une lumière laiteuse !

Regardez par exemple ce Boeing 737-700 de KLM… Quoi de plus banal, surtout à Genève ?!

Boeing 737-700 - PH-BGI - KLM - GVA/LSGG 26.07.2014

Boeing 737-700 – PH-BGI – KLM – GVA/LSGG 26.07.2014

Voici le genre de photo qui me plaît ! On voit les pilotes, les pales des turbines éclairées par la lumière du soir, la végétation derrière est bien verte et non noire comme on le voit assez régulièrement tant les contrastes sont forts… Bref… Voici ce que je considère comme de la belle photo aéronautique !

Mais ce sont « Les goûts et les couleurs » !

Je suis un adepte de l’ISO minimum, car je déteste le bruit numérique ou le manque de piqué d’une image. La netteté est une chose, le piqué en est une autre !
L’EOS 5D MkIII me permettrait bien souvent des montées en ISO parfaitement maîtrisées, mais je continue à me cantonner aux ISO100 ou 200, quitte à devoir ralentir la vitesse de déclenchement.

Ceci est bien évidemment aussi dicté par les critères de sélection des sites spécialisés, vu que j’y publie mes photos et qu’ils sont plutôt pointilleux, ce qui n’est pas un mal.

Une image peut être nette sans avoir beaucoup de piqué, mais on y verra bien moins les détails, raison pour laquelle j’essaye pratiquement toujours de rester à F:8 ou supérieur, spécialement quand j’utilise un 100-400mm ou mon 50-500 de chez Sigma qui manque cruellement de piqué en dessous de F/8.

Il faut savoir que sur le 7D (pour ceux qui l’utilisent encore régulièrement), l’ISO200 est en quelque sorte son ISO100 et que même en plein soleil, des photos prises à 200 seront bien moins bruités et bien plus lumineuses qu’en ISO 100. Les couleurs y gagnent également, c’est pour cela que suite aux conseils judicieux de mon ami Alex « Omar » Saffe, je n’utilisais mon 7D que sur ISO200 ! (Ceci pourrait répondre aux questions que se poseraient ceux qui consultent les EXIFS de mes photos de 2013 à 2015).

Depuis l’arrivée de l’EOS 5D MkIII ou de mon 7D MkII, la question de l’ISO se pose bien moins, car jusqu’à 1600 il n’y a pas vraiment de souci !

Pour réussir mes prises de vues et obtenir la qualité souhaitée, j’utilise donc uniquement les modes « M » (manuel), « AV » (priorité ouverture) ou « TV » (priorité vitesse de déclenchement).
Vous ne verrez jamais mon appareil réglé sur « Carré vert » (Tout automatique) même si le 5D MkIII dispose d’un mode automatique ultra performant.

Quand on utilise un mode automatique, la plupart du temps l’appareil compensera un manque de lumière en augmentant les ISO ou l’ouverture ce qui nous oblige par exemple à nous contenter d’une ouverture à 5,6 ou 6,3 quand il y a un grand soleil, avec un objectif pas forcément conçu pour ça… Le pire étant d’avoir des photos déclenchées à ISO 400, 800 ou plus, sur des sujets en mouvement alors que la lumière n’est pas si mauvaise et permettrait de l’ISO 200 ou même 100.

Les ISO élevés provoquent du « bruit numérique » sur les appareils bas ou milieu de gamme… Les pixels anguleux des appareils numériques rendent les images assez vilaines, bien plus que si l’on utilise un film en 400ASA avec un appareil argentique (par exemple).

Voici pourquoi je ne monte jamais en ISO à plus de 200 avec une bonne lumière du jour pour la photo aéronautique, avec des ouvertures à F/8 ou F/11, quitte à devoir choisir une vitesse de déclenchement plus lente.

Par exemple, ce Boeing 737-800 de TUI Fly qui passe à pleine vitesse au décollage, juste avant le lever du jour, déclenché à ISO200, F:8, avec une vitesse de 1/80ème et une focale de 220mm !

DATUE-131026-GVA-7D1-W-003

Boeing 737-800 – D-ATUE – TUI Fly – Genève GVA/LSGG 26.10.2013

En mode automatique le déclenchement se serait très probablement fait à ISO800 et F:5,6, ce qui aurait donné un résultat bien moins propre !

Avec un objectif qui ouvre à f/4 ou f/2,8 constant (ou mieux) et sur d’autres sujets que les avions, on peut parfaitement utiliser la pleine ouverture à f/2,8 en plein soleil.
Ceci donnera un bien plus joli flou d’arrière-plan (bokeh), surtout si l’objectif est très bon et que le boîtier est du même acabit.

Regardez cette photo de la moto de mon collègue…

Harley Davidson Fat Bob - 08.09.2016 - Le bébé de mon ami et collègue Michael

Photo prise à pleine ouverture à f/2,8 avec le EF 70-200 f/2,8L IS II USM – La netteté et le piqué sont toujours là même à pleine ouverture !! EXTRAORDINAIRE !!

Elle a été prise avec mon 7D MkII et le 70-200, à ISO100, f/2,8 pour un déclenchement à 1/2000ème. Je pense qu’elle ne nécessite aucun autre commentaire !

Nous n’allons pas faire une thèse sur la technique photo, car cela reste somme toutes assez personnel car chacun a sa propre opinion de la qualité d’image!

Je vous mets juste encore un petit exemple de ce que j’aime et je vous laisserai faire comme bon vous semble… L’important étant de se faire plaisir !

Les disques sur des hélices d’avion en action…

 

FAZYI-150927-FNI-7D-100-1600-011Bréguet Alizé à la première Féria de l'Air à Nîmes-Garons le 27 Septembre 2015 !

Bréguet Alizé à la première Féria de l’Air à Nîmes-Garons le 27 Septembre 2015 !

 

Pourquoi figer une hélice quand on peut la voir tourner ?
Il y a encore bien d’autres exemples comme ça…
Je terminerai cette rubrique en vous disant que le meilleur moyen est de déclencher, déclencher et déclencher encore, en essayant des réglages différents !
Après tout, c’est un des avantages du numérique de pouvoir effacer tout ce qui n’est pas bon, alors autant en profiter 😉

Il y a aussi l’option de demander à ceux qui savent, mais seulement à condition de savoir accepter une critique constructive… Mais ça ce n’est pas à la portée de tous, malheureusement, car c’est comme ça que l’on progresse !

Bonnes photos !!!

@+


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